Balato Kéïta sur les cours de rattrapage : le lycée Kipé n’a reçu aucune instruction du ministère »

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Après la grève des enseignants qui a sérieusement perturbé les programmes, les cours ont repris normalement dans les différentes écoles guinéennes. Au lycée de Kipé où un journaliste de Guineematin.com qui s’est entretenu ce lundi, 18 décembre 2017, avec le proviseur, Amara Balato Kéïta, l’heure était à la composition du premier semestre.

Pour rattraper le temps perdu par les enseignants, le premier responsable du lycée de Kipé a fait savoir qu’au moment où on parlait, il n’avait reçu aucune instruction de son ministère de tutelle. « Je n’ai aucune idée jusqu’à ce jour (lundi 18 décembre 2017 à 10 heures) parce que je n’ai pas reçu une instruction. Cela doit passer par l’Inspection générale de l’enseignement pré-universitaire pour que les dispositions soient prises à la base. Peut-être que, je suis en retard par rapport aux autres. Mais, du moment où je n’ai pas reçu l’instruction, je ne peux ni confirmer, ni infirmer si des dispositions sont prises au niveau du département. Le jour où je vais recevoir des instructions, je tiendrais à informer mes enseignants pour qu’on applique immédiatement la décision », a-t-il expliqué.

En attendant, Amara Balato Kéïta affirme avoir convoqué une réunion de concertation avec ses enseignants pour trouver une solution à l’interne. « Nous avons d’abord convoqué l’ensemble des professeurs de notre école pour leur dire toute la vérité. Ils étaient tous là, même ceux qui avaient observés la grève parce qu’ils étaient aussi dans leur droit. On leur a dit qu’on a perdu un mois, du jamais vu dans ce pays. Pour se rattraper, nous avons dit aux uns et aux autres de venir régulièrement à l’école et à l’heure. Même s’ils ne trouvent que deux ou trois élèves en classe, de dispenser les cours pour que le programme soit vite parcouru et sûrement. Les enseignants m’ont promis, parce qu’ils ne connaissent pas encore ce que l’autorité administrative va placer pour les examens nationaux, qu’ils feront tout pour parcourir rapidement et sûrement le programme. Je ne sais pas si les congés seront perturbés par d’autres informations ; mais, nous sommes à l’écoute des autorités au plus haut niveau », a-t-il ajouté.

S’exprimant sur le retour aux compositions classiques, le proviseur du lycée Kipé a qualifié la décision d’excellente. « Les évaluations mensuelles étaient un autre travail. C’était trop bâclé pour l’enseignant guinéen. Chaque mois, on recevait des notes dont on ignore comment elles tombaient. C’était un échec total ; mais, le fait que le département a évalué cela est une excellente chose. Avec l’évaluation mensuelle, on n’avait même pas le temps de parcourir le programme. La préoccupation de l’enseignant était de savoir comment trouver les notes à la fin du mois pour déposer. Il fallait donc tout faire, bâcler ou pas, pour obtenir les notes. Il y en a d’ailleurs qui sont malhonnêtes, ils regardent seulement la figure de l’élève et ils collent la note. De fois, s’ils ne sont pas de bonne humeur, les enfants récoltent des mauvaises notes. Ce n’était plus pédagogique et voilà pourquoi je partage cet avis du ministre K au carré ».

Amara Balato Kéïta, proviseur du lycée Kipé

Par ailleurs, ce proviseur a déploré certains manquements dans son école qui constituent, dit-il, des sérieux problèmes. « La première difficulté est qu’on n’a pas de lieu d’aisance. Partout où il y a regroupement de personnes, il faut trouver un endroit où les enfants et les professeurs vont se mettre à l’aise. Ce problème se pose avec acuité dans notre établissement. Ensuite, l’école primaire, le collège, le lycée et une autre école se retrouvent en un bloc. Cela fait que s’il y a un problème dans une seule des écoles, ça embrase toutes les autres. Le fait qu’on ne trouve qu’une seule entrée et une seule sortie, pose problème. C’est difficile à gérer et c’est pourquoi, quand on nous a déstabilisés lors de la grève, notre préoccupation était la préservation de la vie de nos enfants. A cela, il faut ajouter le manque d’enseignants, surtout en mathématiques. Parfois, on fait appel à certains de nos anciens élèves qui viennent nous porter main forte. Certains nous aide gratuitement, parce qu’on n’a pas d’argent pour les payer. L’Etat doit nous aider à résoudre ces problèmes », a conclu Amara Balato Kéïta

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